Demain: Samedi 31 Mars 2007. Nous y voilà. Je n'arrive pas à stopper les flots de larmes qui irriguent mes joues. Demain est un jour spécial. C'est le troisième anniversaire de notre premier contact, le troisième anniversaire du jour où j'aurais mieux fait de me retirer du monde et de la civilisation. Je n'ose que très rarement raconter à d'autres notre histoire, comment nous nous sommes aimés avant même de se toucher, comment nous nous sommes rêvés depuis l'enfance... Si je le fais aujourd'hui, c'est pour soulager un peu mon chagrin. Les gens dans leur grande majorité n'ont aucune idée de ce qu'est réellement l'Amour, ils me regarderaient avec mépris si je leur avouais que même si tu avais 23 ans quand je t'ai connu, tu étais depuis mon enfance la présence qui me consolait de mes peines. Nous seuls le savions... Nous l'avons su dès le premier regard, un regard qui de chaque côté voulait dire: "Alors c'était toi?" Tu as été le premier à m'en parler: "C'est dingue... On vient de se rencontrer mais j'ai l'impression qu'on se connaît depuis toujours..."
Mais avant même qu'on se rencontre réellement, rien n'avait été prévu entre nous, rien de ce genre... Tu cherchais juste quelqu'un de sympa et musicalement cultivé pour discuter et partager. Rien de plus. Tu m'as dit bonjour et je t'ai répondu. Un mois plus tard tu me faisais comprendre que tu étais accro à nos "entretiens", encore un mois après tu m'envoyais un "je t'aime" caché à la fin d'un e-mail. Finalement, en Juin, tu t'es débrouillé pour venir me voir. Tu étais si timide! Il m'a fallu te réapprivoiser mais celà n'a pas été trop long pour que je découvre enfin le sourire rayonnant de ce jeune homme si torturé, et ma plus grande fierté reste d'avoir fait briller tes beaux yeux. Tous nos regards et nos pensées étaient fusionnels, même les non-dits étaient compris...
Lorsque j'ai séché tes larmes par deux fois, j'ai bien compris qu'il y avait un dilemme, mais j'étais loin de m'imaginer qu'il s'agissait de l'épée de Damoclès. Tu devais rendre ton appartement, tu avais prévu avant de faire ma connaissance de parcourir l'Europe avec tes amis gîtans et ta guitare, et moi j'avais ma vie ici, mes amis, mes repères, et surtout mes dettes, il n'était pas question de partir à l'aventure. Tu décidai de venir vivre avec moi... Mais l'épée de Damoclès est tombée trop vite pour que tu puisses l'éviter...
Tu m'as écrit pour me dire que tu partais, que tu ne m'oublierais jamais... Une lettre d'adieu avec un grand "je t'AIME" à la fin...
Cet e-mail je l'ai reçu le 15 Août 2004, avec deux jours de retard sur la date d'envoi.
Le 15 Août 2004. Le jour où je suis morte.
Celà fait trois ans que tu es parti. Je ne sais pas où, ni si tu vas bien, si tu penses à moi... Je ne sais même pas si tu es toujours en vie... Celà fait trois ans que j'essaie de t'oublier pour sortir la tête de l'eau... mais que je continue à me noyer perpétuellement sans voir arriver la fin de ma souffrance... Aujourd'hui il me manque la moitié de moi, il me manque mon âme-soeur...
Je voudrais arrêter de souffrir,
celà ne me ressemble pas.
PS: Je me passerai des commentaires de ceux qui peuvent trouver celà cucul, en l'occurrence c'est ma vraie vie et je n'ai jamais souhaité qu'elle tourne au mélodrame, j'avais besoin de me libérer d'un poids... Pierre ne lira jamais ce texte alors merci à vous de m'avoir lue.







Bonne
chance 











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